C’est une photographie du marché vélo France 2025 qui vient de tomber. Ce vendredi 24 avril 2026, l’Union Sport & Cycle (USC) a dévoilé son Observatoire du Cycle 2025 au salon Vélo in Paris, au Parc Floral. Et le paradoxe est saisissant : les Français n’ont jamais été aussi nombreux à rouler à vélo, mais les ventes de vélos neufs dévissent pour la deuxième année consécutive.
Derrière la baisse apparente (-8,4 % en valeur), une mutation beaucoup plus profonde se joue : on roule plus, on achète moins, on répare comme jamais, et on découvre de nouveaux modes d’accès au vélo. On vous résume ce qu’il faut en retenir.
L’essentiel en 5 chiffres
| Indicateur | 2025 | Tendance |
|---|---|---|
| Cyclistes actifs en France | 9 millions | Pratique en hausse |
| Ventes vélos neufs (valeur) | 1,86 Md€ | -8,4 % |
| Ventes VAE (volume) | 507 000 | -16 % |
| Main d’œuvre réparation | 128 M€ | +10,5 % 🔥 |
| Vélos reconditionnés (pro) | 176 000 | +11 % |
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Les Français n’ont jamais autant pédalé

Premier chiffre, et probablement le plus important : 9 millions de pratiquants (sport ou loisirs) en France en 2025, selon l’USC. 42 % sont des femmes. Et les passages enregistrés sur les compteurs cyclables du territoire ont encore progressé de +5 % sur un an.
Le vélo n’est plus une mode passagère post-Covid. Il s’est installé dans le quotidien de millions de Français, pour les trajets domicile-travail, les courses, les sorties week-end. Une normalisation qui se fait malgré un climat économique tendu et l’arrêt progressif des politiques de soutien.
Pour remettre le marché en perspective : en valeur, les ventes de vélos neufs sont certes en recul, mais elles restent 23 % au-dessus du niveau d’avant-Covid (2019). Ce qui s’essouffle, c’est la bulle 2021-2022, pas la pratique.
Marché vélo France 2025 : les ventes neuves décrochent de 8 %
Côté achats, la musique est différente. En 2025, la France a vendu 1,84 million de vélos neufs, soit -6,2 % en volume. En valeur, la facture globale tombe à 1,86 milliard d’euros, en recul de -8,4 %.
Le vélo à assistance électrique (VAE), moteur historique de la croissance depuis cinq ans, est particulièrement touché : -16 % en volume, à 507 000 unités. Son prix moyen plafonne désormais autour de 2 000 €, contre 638 € pour un vélo classique. Une barrière à l’entrée que les aides publiques ne compensent plus.
Car c’est bien là le nœud du problème. L’Union Sport & Cycle pointe trois causes directes à la contraction du marché vélo 2025 :
- L’arrêt des aides nationales à l’achat depuis le 14 février 2025
- La fin des aides CEE (Certificats d’Économie d’Énergie) pour les vélos-cargos professionnels
- Un frein net au déploiement des infrastructures cyclables (plan vélo en perte de vitesse)
Résultat : un marché total (vélos neufs + pièces + accessoires + réparation) qui pèse 3,1 milliards d’euros en 2025, en baisse de 4,8 %. Loin du pic de 2022, mais toujours au-dessus du niveau d’avant-Covid.
La réparation, grande gagnante du marché vélo France 2025 (+10,5 %)
Dans ce paysage baissier, un segment explose. La réparation vélo pèse désormais 128 millions d’euros, en hausse de +10,5 % sur un an et 2,5 fois plus qu’en 2019. Côté volume, les ateliers ont enregistré 6,3 millions d’interventions en 2025 (+5 % vs 2024).
Le chiffre qui résume le basculement : les Français ont fait 3,5 fois plus réparer leurs vélos qu’ils n’en ont acheté de neufs cette année (6,3 millions d’interventions contre 1,8 million de vélos vendus).


Le dispositif BonusRépar (financé par les éco-contributions des fabricants, géré par l’éco-organisme Ecologic) y joue un rôle clé :
- 23 € de réduction moyenne par facture pour le consommateur
- Plus de 1 000 réparateurs labellisés en France en 2025
- Une extension du champ d’application au 1er janvier 2025
Chez Roulez Jeunesse, plateforme de réparation vélo à domicile, les réparateurs partenaires du réseau observent cette tendance au quotidien : les cyclistes font désormais durer leur vélo, changent leur chaîne, leurs pneus, leurs plaquettes plutôt que de racheter. Les VAE, plus techniques, demandent un entretien plus qualifié que les vélos classiques.
Le chiffre qui résume le basculement est ailleurs : la main d’œuvre du secteur réparation a bondi de +10,5 % sur un an et ×2,5 depuis 2019, alors que les ventes neuves s’effondrent sur la même période.
Au-delà de l’achat : on n’achète plus, on accède
Autre enseignement majeur de cet Observatoire 2025 : la notion même de « marché du vélo » change de nature. En plus des ventes classiques aux particuliers, les nouveaux modes de consommation (seconde main, entreprises, collectivités) pèsent désormais 200 000 unités, soit 11 % du marché total. Et tous progressent.

La seconde main professionnelle en tête : 176 000 vélos reconditionnés vendus en 2025 par les plateformes spécialisées comme Upway (-50 € avec notre lien), Loewi (75 € offerts avec notre lien) ou Decathlon Seconde Vie, soit une progression d’environ +11 % sur un an. À noter : ce chiffre ne comprend pas les ventes entre particuliers type Leboncoin — rien que le reconditionné labellisé par des pros.
Les VAE reconditionnés, vendus en moyenne 40 % moins cher que leurs équivalents neufs, séduisent un public qui ne pouvait pas s’aligner sur les 2 000 € du neuf.
Les collectivités représentent 21 400 vélos, et les entreprises 16 832 (dont 1 824 cargos), un segment en recul de 12 % sur un an, mais au potentiel immense : 350 000 salariés sont éligibles au forfait mobilités durables, et la mesure peine encore à décoller.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes quand on se compare à nos voisins : le parc français de vélos de fonction plafonne à 55 000 unités. La Belgique en compte 200 000. Et l’Allemagne ? 2,2 millions. Un écart massif qui traduit un potentiel bloqué côté fiscalité et politique publique.
Entre la location longue durée (LLD), le libre-service type Vélib’, la réparation et le reconditionné, le vélo passe d’un objet qu’on possède à une pratique qu’on consomme sous plusieurs formes.
Une mutation, pas une crise
L’Observatoire du Cycle 2025 raconte une filière en mutation, pas en crise. Les ventes neuves subissent un coup de frein logique après une bulle post-Covid qui a dopé les chiffres de 2021-2022. Mais la pratique continue de s’ancrer, les Français entretiennent leur vélo comme jamais, et de nouveaux modes d’accès (location, seconde main, vélos de fonction) commencent à combler une partie du recul.
Reste un message clair envoyé aux pouvoirs publics : sans aides à l’achat, sans pistes cyclables qui avancent, et avec un parc de vélos de fonction 40 fois inférieur à celui de l’Allemagne, la France freine elle-même une dynamique pourtant bien là. Le vélo, lui, continue de rouler.
Questions fréquentes sur le marché vélo France 2025
Combien de cyclistes y a-t-il en France en 2025 ?
Selon l’Observatoire du Cycle 2025 de l’Union Sport & Cycle, la France compte 9 millions de pratiquants réguliers (sport ou loisirs), dont 42 % de femmes. Les passages enregistrés sur les compteurs cyclables du territoire ont progressé de +5 % sur un an.
Pourquoi les ventes de vélos neufs baissent-elles en 2025 ?
Les ventes neuves ont reculé de 8,4 % en valeur (1,86 milliard d’euros) en 2025, pour trois raisons principales : l’arrêt des aides nationales à l’achat depuis le 14 février 2025, la fin des aides CEE pour les vélos-cargos professionnels, et le ralentissement du déploiement des pistes cyclables. À cela s’ajoute la fin de la « bulle Covid » 2021-2022 qui avait dopé le marché.
Comment évolue le marché de la réparation vélo ?
La réparation est le seul segment du marché vélo France 2025 en croissance : la main d’œuvre du secteur pèse 128 millions d’euros (+10,5 % sur un an, ×2,5 depuis 2019). En 2025, les Français ont fait réparer leur vélo 6,3 millions de fois — soit 3,5 fois plus qu’ils n’en ont acheté de neufs.
Qu’est-ce que le Bonus Répar Cycle ?
Le Bonus Répar Cycle est une aide financière, gérée par l’éco-organisme Ecologic, qui permet de faire baisser le coût des réparations vélo. En 2025, il a offert en moyenne 23 € de réduction par facture, via un réseau de plus de 1 000 réparateurs labellisés en France. Le dispositif est financé par les éco-contributions des fabricants et distributeurs.

