L’éclairage vélo obligatoire, c’est un peu le grand oublié du Code de la route. Beaucoup de cyclistes pensent qu’un simple catadioptre suffit, ou qu’un feu qui clignote fait l’affaire. La réalité est plus précise. Un éclairage incomplet ou défaillant peut vous coûter une amende, et surtout vous rendre invisible là où vous vous croyiez tranquille.
Bonne nouvelle : une fois la logique comprise, c’est simple. On fait le tour, sources officielles à l’appui : ce qui est vraiment obligatoire, quand, ce que la réglementation de 2024 a changé (oui, il y a du nouveau côté clignotants), l’amende encourue, et comment choisir un éclairage qui vous rende réellement visible.
La réponse en bref
- La nuit ou quand la visibilité est insuffisante, deux feux sont obligatoires : un feu avant blanc ou jaune et un feu arrière rouge non clignotant.
- En permanence, votre vélo doit porter des catadioptres (rouge à l’arrière, blanc à l’avant, orange sur les côtés et les pédales) et une sonnette audible à 50 mètres.
- Amende en cas de manquement : 11€ forfaitaire, jusqu’à 38€.
- Le feu arrière réglementaire ne doit jamais clignoter. En revanche, depuis fin 2024, vous pouvez ajouter des clignotants orange (indicateurs de direction) en complément.
- Pour bien voir et être vu : visez au moins 30 lux à l’avant en ville et un feu arrière entre 25 et 150 lumens.
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Quel éclairage est obligatoire à vélo ?
L’éclairage vélo obligatoire se répartit en trois familles d’équipements, qui ne répondent pas aux mêmes règles. Les feux (les lampes qui s’allument) sont imposés uniquement la nuit ou par faible visibilité. Les catadioptres (les réflecteurs) doivent être présents en permanence, jour et nuit. La sonnette, enfin, est obligatoire en toutes circonstances. Le tableau ci-dessous résume l’essentiel.
| Équipement | Couleur | Obligatoire |
|---|---|---|
| Feu de position avant | Blanc ou jaune | La nuit / visibilité insuffisante |
| Feu de position arrière | Rouge (non clignotant) | La nuit / visibilité insuffisante |
| Catadioptre avant | Blanc | En permanence |
| Catadioptre arrière | Rouge | En permanence |
| Catadioptres latéraux | Orange | En permanence (sauf pneus réfléchissants) |
| Catadioptres de pédales | Orange | En permanence |
| Sonnette | Audible à 50 m | En permanence |

Les feux de position : un blanc devant, un rouge derrière
Un feu de position, c’est la petite lampe fixée sur le vélo qui signale votre présence aux autres usagers. Le Code de la route en impose deux dès que la nuit tombe ou que la visibilité se dégrade :
- À l’avant, un feu émettant une lumière blanche ou jaune non éblouissante (article R313-4 du Code de la route).
- À l’arrière, un feu rouge, qui ne doit pas clignoter et doit rester nettement visible (article R313-5).
Le mot « non éblouissante » a son importance. Un éclairage avant trop puissant ou mal orienté gêne les voitures et les piétons qui arrivent en face, et l’effet peut se retourner contre vous. L’idéal est un faisceau bien dirigé vers le sol plutôt qu’un projecteur braqué à l’horizontale. On y revient plus bas, dans la partie sur le choix de l’éclairage.
Les catadioptres : les réflecteurs qui ne tombent jamais en panne
Un catadioptre (ce petit dispositif rétroréfléchissant qui renvoie la lumière des phares vers leur source) est le complément passif de vos feux. Pas de pile, pas de batterie : il fonctionne tant qu’il est propre et en place. C’est pour ça qu’il est exigé en permanence, de jour comme de nuit. Quatre emplacements sont concernés :
- Un catadioptre rouge à l’arrière (article R313-18).
- Un catadioptre blanc à l’avant (article R313-20).
- Des catadioptres orange visibles sur les côtés, sauf si vos pneus intègrent déjà des bandes réfléchissantes homologuées (article R313-19).
- Des catadioptres orange sur les pédales (article R313-20).
Sur le terrain, ce sont souvent les premiers à manquer. Les pédales neuves sont en général livrées avec leurs catadioptres orange, mais les petits réflecteurs fixés sur les rayons sont fragiles et cassent facilement. Bonne nouvelle : côté roues, vous pouvez les remplacer par des pneus munis de bandes réfléchissantes homologuées, souvent plus durables. Un point que les réparateurs du réseau Roulez Jeunesse vérifient systématiquement lors d’une révision.
La sonnette : audible à 50 mètres
Souvent reléguée au rang de détail, la sonnette est pourtant un équipement obligatoire à part entière. L’article R313-33 est précis : votre vélo doit être muni d’un timbre ou d’un grelot dont le son est audible à au moins 50 mètres. Le texte va même plus loin et précise que l’emploi de tout autre signal sonore est interdit : un klaxon ou une corne ne peut donc pas remplacer la sonnette réglementaire. C’est aussi l’un des premiers points contrôlés en cas d’arrêt par les forces de l’ordre.
Quand l’éclairage est-il obligatoire ? La nuit et par faible visibilité
C’est la nuance qui sème le plus de confusion. Vos feux (avant et arrière) ne sont obligatoires que dans deux cas :
- La nuit, dès la tombée du jour.
- Le jour, quand la visibilité est insuffisante : brouillard, forte pluie, ou la traversée d’un tunnel.
En plein jour avec une bonne visibilité, vos feux ne sont donc pas exigés. Mais vos catadioptres et votre sonnette, eux, doivent rester en place en toutes circonstances. Allumer ses feux de jour reste par ailleurs une excellente habitude : selon l’étude Cofacy, citée dans le bilan 2023 de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière (ONISR), près de 60 % des accidents de cyclistes présentent un facteur de visibilité. Un feu allumé ne coûte rien et change beaucoup.

Petit rappel utile : hors agglomération, la nuit ou par faible visibilité, l’éclairage se double d’une autre obligation, le port d’un gilet rétroréfléchissant. On détaille tous les cas dans notre guide dédié au gilet jaune obligatoire à vélo. Le casque à vélo, lui, n’est imposé qu’aux enfants de moins de 12 ans. Et pour la vue d’ensemble des règles, direction notre guide complet du Code de la route à vélo.
Le feu clignotant est-il autorisé ? Ce que change la réglementation 2024
C’est LA question qui revient sans cesse, et la réponse a évolué fin 2024. Le décret n° 2024-1074, publié au Journal officiel le 29 novembre 2024, a clarifié et enrichi les règles d’éclairage du vélo. Deux choses à retenir.
Premièrement, le feu de position arrière réglementaire ne doit pas clignoter. Ce point est désormais explicite : le feu rouge obligatoire à l’arrière doit être fixe. Un feu arrière qui clignote en guise d’éclairage principal n’est donc pas conforme.
Deuxièmement, et c’est la nouveauté, vous pouvez désormais ajouter des feux complémentaires facultatifs. Le décret autorise, en plus des équipements obligatoires :
- Des feux indicateurs de direction orange clignotants, autrement dit de vrais clignotants de vélo, comme sur une voiture.
- Un feu stop rouge orienté vers l’arrière (un feu qui s’allume quand vous freinez, comme sur une voiture).
- Des feux de position avant ou arrière supplémentaires.
- Des dispositifs réfléchissants latéraux additionnels, et même des feux portés directement sur le cycliste (sur le casque, un brassard, un sac).
La nuance est donc claire. Le clignotement est interdit pour le feu arrière qui sert d’éclairage réglementaire, mais il est autorisé, et même encouragé, sous forme de clignotants orange en complément. De quoi signaler ses changements de direction sans lâcher le guidon.
Quelle amende si vous roulez sans éclairage ?
Rouler sans éclairage conforme expose à une contravention de première classe, soit une amende forfaitaire de 11€, qui peut grimper jusqu’à 38€ en cas de majoration. C’est la position officielle confirmée par Service Public. Le même montant s’applique pour des catadioptres manquants ou une sonnette absente.
Bonne nouvelle au passage : à vélo, il n’y a aucun retrait de points, puisque votre permis de conduire n’est pas en jeu. On fait le tour de tous les montants dans notre guide des amendes à vélo. Reste que l’enjeu dépasse largement les 11€. Un cycliste mal éclairé est un cycliste qu’on ne voit pas, et c’est là que se jouent les vrais risques.
Comment bien choisir son éclairage vélo ?
Respecter l’éclairage vélo obligatoire, c’est une chose. Être réellement visible, c’en est une autre. Pour s’y retrouver sur les emballages, il faut comprendre deux unités qu’on confond tout le temps.

- Le lumen (lm) mesure l’intensité totale émise par la lampe. C’est l’unité du « être vu ».
- Le lux (lx) mesure l’éclairement réellement projeté sur la route à une distance donnée. C’est l’unité du « voir où l’on roule ».
Côté feu avant, comptez environ 10 lux à 10 mètres comme repère minimal pour rouler en ville bien éclairée. Pour plus de confort, la FUB (la Fédération française des usagers de la bicyclette) recommande de viser plutôt 30 lux en agglomération, et jusqu’à 50 lux sur des voies sans éclairage public. Attention, ces deux seuils plus élevés sont des recommandations de la FUB, pas des minimums imposés par le Code. Côté feu arrière, une valeur entre 25 et 150 lumens couvre la grande majorité des usages.
Trois autres critères font la différence à l’usage :
- L’autonomie. Dimensionnez votre éclairage pour ne le recharger qu’une fois par semaine. Si vous roulez une heure par jour, visez environ six heures d’autonomie pour garder une marge. Le froid, lui, vide la batterie plus vite.
- La recharge. Un modèle rechargeable en USB évite la corvée des piles. La dynamo de moyeu (intégrée à la roue) reste l’option la plus fiable pour ne jamais tomber en panne de lumière.
- Le faisceau. Préférez un éclairage avant au faisceau bien découpé, orienté vers le sol, pour voir sans éblouir ceux d’en face.
Un cas à part : les vélos à assistance électrique. La grande majorité des VAE intègrent d’origine un feu avant et un feu arrière alimentés directement par la batterie principale du vélo. Pas de recharge séparée à gérer, donc, mais un éclairage qui puise un peu dans l’autonomie de votre moteur. Si votre VAE n’en est pas équipé, ou si vous voulez renforcer votre visibilité, un éclairage indépendant reste une bonne idée.
Pour donner un repère concret, un kit d’entrée de gamme comme le kit ELOPS ST 920 de Decathlon annonce 300 lumens et 40 lux à l’avant, 25 lumens à l’arrière, le tout rechargeable en USB avec trois modes (power, eco et flash chez Decathlon, soit puissant, économique et clignotant). De quoi dépasser largement le minimum légal et couvrir un usage urbain quotidien.
🛒 Où acheter son éclairage vélo
Kit avant + arrière USB : le kit éclairage LED ST 920 sur Decathlon couvre l’avant et l’arrière en une seule recharge.
Accessoires et clignotants : on trouve aussi un large choix de feux additionnels et de clignotants orange sur Amazon.
🔧 Faites vérifier votre éclairage avant l’hiver
Un feu qui ne s’allume plus, un catadioptre cassé, une sonnette muette : ces petits défauts arrivent vite, et c’est souvent à la mauvaise saison qu’on s’en aperçoit. Les réparateurs du réseau Roulez Jeunesse interviennent directement chez vous pour réviser votre vélo et remettre tout l’éclairage vélo obligatoire en état avant les longues soirées d’hiver.
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Questions fréquentes sur l’éclairage vélo obligatoire
Quel éclairage est obligatoire à vélo ?
La nuit ou par visibilité insuffisante, deux feux sont obligatoires : un feu avant blanc ou jaune et un feu arrière rouge non clignotant. En permanence, le vélo doit aussi porter des catadioptres (rouge à l’arrière, blanc à l’avant, orange sur les côtés et les pédales) et une sonnette audible à 50 mètres.
Le feu clignotant est-il autorisé à vélo ?
Le feu de position arrière réglementaire doit être fixe, il ne doit pas clignoter. Depuis le décret du 29 novembre 2024, vous pouvez en revanche ajouter, en complément, des feux indicateurs de direction orange clignotants ainsi qu’un feu stop. Le clignotement est donc interdit pour le feu principal mais autorisé pour ces feux additionnels.
Peut-on rouler de jour sans éclairage ?
Oui, en journée avec une bonne visibilité, les feux ne sont pas obligatoires. Ils le deviennent dès la tombée de la nuit ou en cas de faible visibilité (brouillard, forte pluie, tunnel). Les catadioptres et la sonnette, eux, restent obligatoires en permanence.
Les catadioptres suffisent-ils ?
Non. Les catadioptres sont obligatoires en permanence, mais ils ne remplacent pas les feux. La nuit ou par faible visibilité, vous devez aussi avoir un feu avant et un feu arrière allumés. Un catadioptre se contente de renvoyer la lumière qu’il reçoit, alors qu’un feu vous signale activement.
Quelle puissance d’éclairage choisir ?
Pour le feu avant, le minimum légal est de 10 lux à 10 mètres. Visez plutôt 30 lux en ville et 50 lux sur des routes non éclairées. Pour le feu arrière, une valeur entre 25 et 150 lumens convient à la plupart des usages. Pensez aussi à l’autonomie et à un faisceau non éblouissant.
Quelle amende en cas d’absence d’éclairage ?
Il s’agit d’une contravention de première classe : 11€ d’amende forfaitaire, jusqu’à 38€ après majoration. Le même montant s’applique pour des catadioptres ou une sonnette manquants. À vélo, aucun point n’est retiré, le permis de conduire n’étant pas concerné.

