Bastille Cycles est en redressement judiciaire. La marque parisienne de vélos pliants à grandes roues a vu le tribunal des activités économiques de Paris ouvrir la procédure le jeudi 29 octobre 2026, selon Frandroid. L’activité continue : les vélos restent en vente et les magasins partenaires restent votre premier interlocuteur.
Si vous roulez en Bastille, rien ne change dans l’immédiat. Si vous hésitiez à en acheter un, voici ce que la procédure change, ce qu’elle ne dit pas encore, et pourquoi ce n’est plus un cas isolé dans le vélo.

En bref
- Redressement judiciaire ouvert le 29 octobre 2026 par le tribunal des activités économiques de Paris.
- Période d’observation de six mois, jusqu’au 29 avril 2027, renouvelable.
- Le Bastille (2 590€) et le Bastille E (3 190€) restent au catalogue de la marque. Le Bastille E est affiché « Indisponible » au 4 novembre.
- Votre garantie légale de deux ans est due par le vendeur du vélo, pas par la marque.
- Une de plus dans la liste : constructeurs, fabricants de kits, réseaux de magasins et ateliers enchaînent les procédures cette année.
Bastille Cycles en redressement judiciaire : ce que dit la marque
Bastille Cycles est née du projet de Gilles Henry, l’inventeur de la poussette pliante Yoyo. Son vélo se distingue par ses roues de 27,5 pouces, la taille d’un vélo classique, et se plie pourtant assez petit pour entrer dans un coffre, un train ou un ascenseur. Une version électrique, le Bastille E (16,7 kg), est sortie en 2025.
Pour le cofondateur, la cause est double. Le marché urbain a chuté au moment du lancement : « On est arrivés un peu tard sur le marché », reconnaît-il. Les ventes sont restées sous la trajectoire prévue, et les investisseurs, échaudés par les faillites des dernières années, sont devenus frileux. Il assure que les clients sont satisfaits, se dit « optimiste » et parle de contacts avec des investisseurs pris avant l’ouverture de la procédure.
Un redressement judiciaire de plus dans le vélo
Depuis la fin 2023, le marché du vélo électrique est retombé après le boom du Covid, et les procédures s’enchaînent. Elles touchent toute la filière, des constructeurs aux magasins. Bastille s’ajoute à une liste longue :
- O2feel, à Lille : redressement judiciaire en juin, reprise validée par le tribunal le 23 septembre.
- Cycles Lapierre, à Dijon : redressement judiciaire ouvert le 25 août, avec une date limite de dépôt des offres de reprise fixée au 28 octobre.
- Accell, longtemps présenté comme le numéro un européen du vélo : faillite, puis reventes en morceaux. Babboe, Batavus et Koga sont partis chez DuTech, Sparta chez Tenways, Haibike et Winora chez Bike Tree.
- Ghost, autre marque d’Accell, n’a pas trouvé de repreneur : l’entreprise vend son stock restant et cesse son activité, ses 53 salariés perdent leur emploi.
- Reebike et Vebo, deux fabricants français de kits pour électrifier un vélo ordinaire : liquidation judiciaire le 9 et le 20 juillet. Chez Reebike, la boutique en ligne a fermé et le service après-vente est suspendu.
- Cyclable, réseau de plus de 80 magasins de vélos urbains et électriques : redressement judiciaire fin mars, avec des fermetures de magasins dans la foulée.
Les magasins et les ateliers indépendants tombent aussi. Entre le 1er septembre et le 3 novembre, le BODACC (le bulletin officiel des annonces légales) a publié des jugements de redressement ou de liquidation pour une dizaine de commerces de vélo au moins : Le Hollandais Vélo à Lille, Les Vélopolitains à Montpellier, Presta Vélo à Mérignac, Velo74 à Cluses, Le Cadre Café Vélo à Bordeaux, Performance Vélo à Saint-Chamond… La vague ne faiblit pas.
Un redressement judiciaire n’est pas une fin. C’est une procédure ouverte quand une entreprise ne peut plus payer ses dettes mais que son activité peut être sauvée : elle continue de travailler pendant la période d’observation, puis le tribunal choisit entre un plan de redressement, la cession à un repreneur ou, en dernier recours, la liquidation. La page service-public.gouv.fr détaille chaque étape.
Si vous avez déjà un Bastille
La garantie légale de conformité dure deux ans à partir de la livraison et s’exerce contre le vendeur professionnel, pas contre le fabricant (service-public.gouv.fr). Votre vélo acheté dans un magasin partenaire : c’est ce magasin qui répond. Acheté en ligne sur bastillecycles.com : c’est la marque elle-même, donc l’entreprise en procédure.
La garantie de 2 ans que la marque affiche est une autre histoire. On ne sait pas encore qui l’assurera à l’issue de la procédure, ni qui fournira les pièces propres au Bastille, comme son moyeu électrique qui renferme à la fois le moteur et la batterie. Gardez votre facture, faites entretenir le vélo régulièrement et demandez à votre magasin ce qu’il garantit de son côté.
Le reste du vélo ne dépend pas de la marque : les freins hydrauliques sont Shimano, les pneus Continental, la courroie Gates, des pièces que n’importe quel réparateur connaît. Les réparateurs du réseau Roulez Jeunesse interviennent à domicile.
Si vous pensiez en acheter un
Le site de la marque affiche toujours le Bastille mécanique à 2 590€ et le Bastille E à 3 190€, mais le Bastille E est indiqué « Indisponible » avec un bouton pour réserver un essai. La marque vend dans un réseau de magasins partenaires : essayer le vélo en magasin et l’y acheter vous donne un vendeur indépendant de la procédure, à qui vous adresser en cas de problème.
Pour comparer avant de vous décider, notre comparatif des vélos pliants musculaires et électriques passe en revue les modèles du marché. Et si vous comptez surtout le prendre dans le train, notre guide pour prendre le train avec son vélo explique ce qui est accepté.
Ce qu’on ne sait pas encore
L’annonce légale du jugement n’était pas encore parue au BODACC le 4 novembre : la date du 29 octobre et le tribunal viennent de la marque. On ignore le nombre de vélos vendus, le montant des dettes, l’identité des investisseurs approchés et le calendrier d’un éventuel repreneur. L’issue se jouera d’ici le 29 avril 2027, avec trois scénarios possibles : un plan de redressement, un rachat ou une liquidation. Cet article sera mis à jour dès qu’une annonce officielle ou une offre de reprise sera connue.
Pour aller plus loin
- L’entretien avec Gilles Henry sur le redressement de Bastille Cycles (Frandroid)
- Les vélos Bastille sur le site de la marque
- L’annonce du redressement judiciaire de Cycles Lapierre au BODACC
- La garantie légale de conformité (service-public.gouv.fr)
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