Vous roulez à vélo, le feu passe au rouge, et là, surprise : un petit panneau triangulaire vous autorise à continuer. Vous avez bien lu. Le panneau M12 permet, sous certaines conditions, de franchir un feu rouge à vélo sans commettre la moindre infraction. C’est sans doute la règle la plus méconnue du Code de la route à vélo, et pourtant l’une des plus utiles au quotidien.
Idée reçue tenace : « à vélo, on n’a jamais le droit de passer au rouge ». Faux. Depuis plus de dix ans, ce panonceau se généralise dans nos villes pour fluidifier et sécuriser la circulation des cyclistes. Encore faut-il savoir le reconnaître et comprendre ce qu’il autorise vraiment. On vous explique tout, sans jargon.
L’essentiel en 30 secondes
- Ce que c’est : un petit panonceau placé juste sous un feu tricolore, reconnaissable à la silhouette de vélo et à la flèche qu’il porte (voir photo plus bas).
- Ce qu’il autorise : franchir le feu rouge sans vous arrêter, dans la direction de la flèche.
- La condition : céder le passage à tout le monde (piétons et véhicules au vert). Ce n’est pas un feu vert, c’est une priorité que vous cédez.
- Le piège : sans ce panneau, franchir un feu rouge reste une infraction à 135 €.
- Le réflexe : si vous voyez la flèche jaune, ralentissez, regardez, cédez, et repartez.
Le panneau M12, c’est quoi exactement ?
Le panneau M12 est ce qu’on appelle un panonceau : un petit panneau complémentaire fixé juste sous un feu tricolore. Sur le terrain, on le repère à la silhouette d’un vélo surmontant une flèche, comme sur la photo ci-dessous. Cette flèche indique la ou les directions dans lesquelles vous êtes autorisé à passer.
Son nom officiel est un brin technique : « autorisation conditionnelle de franchissement pour cycles ». Dans le langage courant, on parle plutôt de cédez-le-passage cycliste au feu. Les deux désignent la même chose : ce panneau M12 qui change la vie des cyclistes urbains.

Le bon réflexe, c’est de chercher le couple vélo + flèche sous le feu : c’est lui qui signale le M12, comme sur la photo ci-dessus. Un petit panonceau facile à rater au milieu des autres panneaux quand on ne sait pas le repérer. Pour situer le M12 parmi l’ensemble de la signalisation cycliste, notre guide des panneaux du Code de la route à vélo fait le tour complet.
Ce que le M12 vous autorise vraiment
Voici le cœur du sujet. Quand un panneau M12 est présent, vous pouvez franchir le feu rouge sans marquer l’arrêt obligatoire, en suivant la direction indiquée par la flèche. Mais il y a une condition, et elle est non négociable : vous devez céder le passage à tous les autres usagers prioritaires. Les piétons qui traversent, d’abord. Les véhicules qui ont le feu vert, ensuite.
C’est toute la nuance, et elle est essentielle : le M12 ne vous donne pas la priorité, il vous autorise à passer après avoir laissé passer les autres. Pensez-y comme à un panneau « cédez le passage » classique, sauf qu’il s’applique à un feu rouge. Vous n’êtes pas obligé de poser le pied par terre, mais vous devez ralentir, observer, et ne vous engager que si la voie est libre.
💡 À retenir : un feu vert vous donne la priorité. Un panneau M12 vous donne le droit de passer à condition de céder cette priorité aux autres. Ce n’est pas la même chose, et c’est cette différence qui garantit la sécurité de tout le monde.
Lire la flèche jaune : les variantes
Tout est dans la flèche. Selon les carrefours, elle ne pointe pas dans la même direction, et c’est elle qui définit précisément ce que vous avez le droit de faire. On distingue quatre cas de figure :
- Tourne-à-droite : la flèche pointe vers la droite. C’est la variante la plus répandue. Vous pouvez tourner à droite au feu rouge.
- Tout droit : la flèche pointe vers le haut. Typique des carrefours en « T », où vous continuez tout droit sur la voie en continuité.
- Tourne-à-gauche : plus rare, la flèche pointe vers la gauche. On en trouve depuis 2016 à Paris et à Sceaux notamment.
- Trois directions : la flèche se sépare vers le haut, la droite et la gauche. Vous pouvez aller dans n’importe quelle direction, toujours en cédant le passage. Une première de ce type a vu le jour à Sceaux en 2016.

La règle d’or : ne franchissez que dans la direction de la flèche. Si la flèche indique « à droite » et que vous voulez continuer tout droit, le M12 ne s’applique pas à vous. Dans ce cas, le feu rouge reste un feu rouge, et vous vous arrêtez comme tout le monde.
Où trouve-t-on ces panneaux ?
On en croise dans de plus en plus de villes, et c’est une bonne nouvelle. Le dispositif a d’abord été expérimenté à Strasbourg dès 2008, puis à Bordeaux et à Nantes. Résultat de ces premiers tests : aucun accident recensé, à condition bien sûr que le cycliste reste prudent. De quoi convaincre le législateur d’autoriser sa généralisation.
Depuis, le M12 s’est largement répandu. Paris a lancé sa généralisation dès l’été 2013 dans toutes ses zones 30, avec déjà environ 1 500 croisements équipés en 2015. Lyon, Rennes, Grenoble ou encore Tours ont suivi le mouvement. Si vous roulez régulièrement en ville, vous en croisez probablement plus que vous ne le pensez. Le souci, c’est qu’on finit par ne plus les voir, faute de savoir les lire.
Franchir un feu rouge en sécurité
Le M12 n’est pas qu’un gain de temps : c’est aussi une mesure de sécurité. En vous laissant partir avant les voitures, il vous extrait du flux motorisé. Vous évitez notamment l’un des accidents les plus fréquents en ville : le véhicule qui tourne à droite et coupe la trajectoire d’un cycliste qu’il n’a pas vu dans son angle mort. Particulièrement vrai avec les poids lourds, dont la visibilité est très réduite.
Pour profiter du M12 sans prendre de risque, le réflexe tient en trois temps :
- Ralentissez à l’approche du feu, même si vous ne comptez pas vous arrêter.
- Observez : piétons sur le passage, véhicules qui arrivent avec le vert, autres cyclistes.
- Cédez le passage, puis engagez-vous seulement quand la voie est dégagée.
Et le piéton dans tout ça ? Il reste prioritaire, toujours. C’est ce qu’on observe sur le terrain : un M12 mal compris, c’est un cycliste qui force le passage. Bien compris, c’est au contraire une cohabitation plus fluide entre tous les usagers. Le M12 s’inscrit d’ailleurs dans une logique plus large de sécurité à vélo en ville : anticiper, se rendre visible, dialoguer du regard avec les autres. Un éclairage en état de marche et de bons freins font évidemment partie de l’équation. Au moindre doute sur votre matériel, les réparateurs du réseau Roulez Jeunesse peuvent intervenir chez vous pour une révision.
Sans panneau M12 : 135 € d’amende
Soyons clairs pour éviter tout malentendu : le M12 est une exception, pas une règle générale. En l’absence de ce panneau, un feu rouge reste un feu rouge. Le franchir vous expose à une amende de 135 €, au même titre qu’un automobiliste. À vélo comme en voiture, griller un feu non signalé par un M12 est une infraction, point.
Autrement dit, le panneau ne vous autorise à passer que là où il est physiquement présent, et seulement dans la direction de sa flèche. Pas de M12 visible ? Pas de franchissement. Même logique pour d’autres idées reçues du quotidien, comme le fait de rouler à vélo sur les passages piétons. Pour le détail des sanctions qui guettent les cyclistes distraits, on a fait le point dans notre article sur les amendes à vélo.
M12 ou feu vélo : ne pas confondre
Dernière source de confusion à lever. À ne pas mélanger avec le M12, on croise parfois dans certaines villes un feu de signalisation propre aux cyclistes : un feu lumineux portant une silhouette de vélo, qui s’adresse uniquement à eux. Sa logique n’est pas celle du M12, et c’est important de ne pas confondre les deux.
| Critère | Feu propre aux cyclistes | Panneau M12 |
|---|---|---|
| Nature | Un feu lumineux propre aux cyclistes | Un panonceau fixé sous un feu rouge ordinaire |
| Comment ça marche | On le suit comme un feu de signalisation normal | On le lit comme une autorisation conditionnelle de passer |
| Avec le M12 ? | Non, dispositif différent à ne pas confondre | Oui, c’est lui qui autorise le franchissement |
La règle est simple à mémoriser : un feu vélo, on lui obéit comme à un feu normal. Un panneau M12, on le lit comme une autorisation conditionnelle. Une fois cette distinction en tête, plus moyen de se tromper.
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Questions fréquentes
C’est quoi un panneau M12 ?
Le panneau M12 est un petit panonceau placé sous un feu tricolore, reconnaissable à la silhouette de vélo et à la flèche qu’il porte. Il autorise les cyclistes à franchir le feu rouge sans s’arrêter, dans la direction de la flèche, à condition de céder le passage aux piétons et aux véhicules prioritaires. Son nom officiel est « cédez-le-passage cycliste au feu ».
Les cyclistes ont-ils le droit de passer au feu rouge ?
Uniquement lorsqu’un panneau M12 est présent sous le feu, et seulement dans la direction indiquée par sa flèche. Dans ce cas, le cycliste peut franchir le feu rouge sans s’arrêter, mais doit céder le passage à tous les autres usagers. Sans ce panneau, franchir un feu rouge à vélo reste interdit et passible d’une amende de 135 €.
Pourquoi l’appelle-t-on M12 ?
« M12 » est tout simplement le code de ce panonceau dans la signalisation routière française : une lettre suivie d’un numéro qui identifie précisément ce petit panneau complémentaire, placé sous un panneau ou un feu principal. Le M12 est entré dans la réglementation au début des années 2010.
Un cycliste peut-il passer au feu rouge à Paris ?
Oui, mais seulement aux feux équipés d’un panneau M12. Paris a largement généralisé le dispositif depuis 2013, en particulier dans ses zones 30 et pour le tourne-à-droite. Aux feux sans M12, la règle reste la même que partout : le cycliste doit s’arrêter au rouge comme n’importe quel autre usager.
Faut-il s’arrêter au panneau M12 ?
Non, le M12 n’impose pas l’arrêt. Il fonctionne comme un « cédez le passage » : vous pouvez continuer sans poser le pied, à condition de ralentir, de vérifier que la voie est libre et de laisser la priorité aux piétons et aux véhicules. Si un usager prioritaire se présente, vous devez évidemment vous arrêter pour le laisser passer.
Pour aller plus loin
Le cadre légal du M12 repose sur l’article R415-15 du Code de la route, qui habilite l’autorité de police à instaurer une signalisation distincte pour les cyclistes aux feux, et sur l’instruction interministérielle sur la signalisation routière, qui définit le panonceau lui-même. Pour les textes de référence et les positions officielles, consultez la Sécurité Routière, les fiches de Service Public et la FUB. Pour la vue d’ensemble des règles à vélo, retrouvez notre guide complet du Code de la route à vélo.

