Ah, le casque à vélo ! Un sujet qui déchaîne autant les passions que le choix entre pain au chocolat et chocolatine. Obligatoire ? Pas obligatoire ? Recommandé ? On vous voit venir avec vos questions existentielles.
Et on va y répondre, promis. Parce que si la loi est plutôt claire (spoiler : le casque n’est pas obligatoire pour les adultes), le débat scientifique, lui, est plus nuancé qu’on ne le croit. Entre les études sur l’efficacité du casque, celles sur les effets pervers de l’obligation, et le principe de « sécurité par le nombre », on vous décrypte tout ça.
Sommaire
Le casque est-il obligatoire à vélo en France ?
La réponse courte : non, le casque n’est pas obligatoire pour les adultes. Mais comme souvent avec la loi française, il y a des nuances.
Ce que dit la loi (article R431-1-3 du Code de la route)
Depuis le 22 mars 2017, le port du casque est obligatoire pour les enfants de moins de 12 ans, qu’ils soient conducteurs ou passagers du vélo. Ça inclut aussi les petits installés dans un siège enfant ou une remorque. La responsabilité incombe à l’adulte accompagnateur (18 ans minimum).
Le casque doit être :
- Homologué CE (norme NF EN 1078)
- Attaché (un casque posé sur la tête comme un chapeau de fête, ça ne compte pas)

Le cas particulier des Speed Bikes
Si vous roulez en Speed Bike (VAE jusqu’à 45 km/h), le casque est obligatoire pour tous, peu importe l’âge. Et pas n’importe quel casque : il doit être homologué ECE 22-05 (standard moto). Ces véhicules sont en effet assimilés à des cyclomoteurs.
Les arrêtés municipaux locaux
Depuis 2025, certaines villes ont pris des arrêtés municipaux rendant le casque obligatoire sur leur territoire, y compris pour les adultes. C’est le cas de Nice, Vence et Bourg-lès-Valence. Ces arrêtés concernent principalement les trottinettes électriques et EDPM, mais peuvent aussi s’appliquer aux vélos. Renseignez-vous auprès de votre mairie.
Récapitulatif : qui doit porter un casque ?
| Situation | Casque obligatoire ? | Type de casque requis |
|---|---|---|
| Enfant de moins de 12 ans (conducteur ou passager) | ✅ Oui | CE NF EN 1078 |
| Adulte sur vélo classique | ❌ Non (mais recommandé) | — |
| Adulte sur VAE 25 km/h | ❌ Non (mais fortement recommandé) | — |
| Tous sur Speed Bike (45 km/h) | ✅ Oui | ECE 22-05 |
| Nice, Vence, Bourg-lès-Valence (arrêté local) | ✅ Oui (vélo et EDPM) | CE |
🔍 Les certifications casque décryptées
CE NF EN 1078 — La norme européenne standard pour les casques vélo. Elle garantit que le casque a passé des tests d’absorption d’impact (chute simulée à 19,5 km/h), de résistance de la sangle et de couverture minimale du crâne. C’est le minimum légal en France.
NTA 8776 — Norme néerlandaise créée spécifiquement pour les vélos électriques rapides. Plus exigeante que la CE : vitesse d’impact testée à 23,6 km/h (+21%), couverture étendue des tempes et de l’arrière du crâne (+10%), meilleure absorption d’énergie (+43%). Recommandée pour les VAE même si non obligatoire.
ECE 22-05 (ou 22-06) — Norme moto européenne. Obligatoire pour les Speed Bikes (45 km/h) car ces véhicules sont juridiquement assimilés à des cyclomoteurs. Protection nettement supérieure mais casque plus lourd et moins ventilé.
Amende casque vélo : ce que vous risquez vraiment
Adulte sans casque sur vélo classique ou VAE 25 km/h
Rien du tout. Le casque n’étant pas obligatoire pour les adultes sur vélo classique ou VAE limité à 25 km/h, il n’y a aucune amende possible. Vous pouvez légalement rouler tête nue (même si ce n’est pas ce qu’on vous recommande).
Enfant de moins de 12 ans sans casque
L’adulte accompagnateur (parent, grand-parent, nounou…) risque une amende de 135€ (contravention de 4ème classe). En cas de majoration, ça peut grimper jusqu’à 750€. L’amende ne peut jamais viser l’enfant directement.
Dans les faits, les contrôles restent rares et les forces de l’ordre privilégient souvent la pédagogie. Mais 135€, ça fait quand même un beau casque Abus ou deux casques Decathlon (que vous pouvez découvrir sur notre comparatif des meilleurs casques vélo)…
Adulte sans casque sur Speed Bike (45 km/h)
Là, c’est différent. Le Speed Bike est assimilé à un cyclomoteur, donc le casque homologué ECE 22-05 est obligatoire. Sans casque : amende de 135€ (comme pour un scooter). Et en cas d’accident, votre assurance pourrait refuser de vous couvrir.
Casque non homologué ou mal attaché
Techniquement, rouler avec un casque non conforme (pas de marquage CE) ou non attaché équivaut à rouler sans casque. Même sanction potentielle si l’obligation s’applique à vous.
| Situation | Amende |
|---|---|
| Adulte sans casque (vélo/VAE 25 km/h) | Aucune |
| Enfant -12 ans sans casque | 135€ (adulte responsable) |
| Speed Bike sans casque ECE | 135€ |
| Arrêté municipal (Nice, etc.) | 35€ à 135€ selon arrêté |
Quelle amende si mon enfant ne porte pas de casque ?
Si votre enfant de moins de 12 ans se fait contrôler sans casque, l’adulte accompagnateur risque une amende de 135 euros (contravention de 4ème classe, pouvant aller jusqu’à 750 euros en cas de majoration). L’amende ne peut jamais être appliquée à l’enfant lui-même.
Dans les faits, les contrôles restent rares et les forces de l’ordre privilégient souvent la pédagogie. Mais bon, ça reste 135 euros qu’on préfère garder pour s’offrir un bon casque, non ?
Faut-il rendre le casque obligatoire pour tous ? Le grand débat
C’est LA question qui fait débat depuis des années. Et les avis sont aussi tranchés que sur la cuisson d’un steak.
Les arguments pour l’obligation
- La protection individuelle est démontrée. Les méta-analyses montrent une réduction significative des blessures graves à la tête (60-69% selon les études).
- Le coût pour la santé publique. Les traumatismes crâniens représentent 18% des dépenses de santé liées aux accidents de vélo aux Pays-Bas, pour seulement 9% des blessures (source : étude néerlandaise citée par Santé Publique France).
- La responsabilisation. Comme pour la ceinture de sécurité, l’obligation inciterait à des comportements plus prudents.
Les arguments contre l’obligation
- L’obligation fait fuir les cyclistes. L’Australie a vu une chute de 30% du nombre de cyclistes après l’obligation en 1992. Si moins de gens pédalent, l’effet « sécurité par le nombre » diminue.
- Ça renforce l’idée que le vélo est dangereux. Alors que le risque principal vient du comportement des automobilistes et du manque d’infrastructures. Aux Pays-Bas, quasi personne ne porte de casque, et c’est l’un des pays les plus sûrs pour faire du vélo.
- Le casque ne prévient pas les accidents. Il peut limiter les conséquences, mais ne remplace pas des pistes cyclables sécurisées, la limitation de vitesse des voitures, et l’éducation des conducteurs.
- L’effet pervers sur le comportement des automobilistes. L’étude de Walker (2007) suggère que les automobilistes passent plus près des cyclistes casqués.
Casque à vélo : ce que disent vraiment les études scientifiques
L’efficacité du casque : les chiffres sourcés
Plusieurs méta-analyses (études qui compilent les résultats de nombreuses études individuelles) ont mesuré l’efficacité du casque :
Méta-analyse Olivier & Creighton (2016) publiée dans l’International Journal of Epidemiology — 40 études, 64 000 cyclistes blessés :
- Réduction de 51% du risque de blessure à la tête
- Réduction de 69% du risque de blessure grave à la tête
- Réduction de 65% du risque de blessure mortelle à la tête
Méta-analyse Høye (2018) publiée dans Accident Analysis & Prevention — 55 études, 1989-2017 :
- Réduction de 48% des blessures à la tête
- Réduction de 60% des blessures graves à la tête
- Réduction de 53% des traumatismes crâniens
Revue Cochrane (Thompson et al.) — 5 études cas-témoins :
- Réduction de 63 à 88% du risque de blessure à la tête et au cerveau
📚 Sources primaires : Olivier & Creighton, 2016 • Høye, 2018 • Cochrane Review
L’étude controversée sur le comportement des automobilistes
En 2007, le Dr Ian Walker, psychologue du trafic à l’Université de Bath (Royaume-Uni), a publié une étude qui a fait grand bruit. Équipé d’un vélo avec capteur à ultrasons, il a mesuré la distance de dépassement de plus de 2 500 automobilistes à Salisbury et Bristol.
Ses conclusions :
- Les automobilistes passaient en moyenne 8,5 cm plus près quand il portait un casque
- Ils étaient deux fois plus susceptibles de passer très près quand il était casqué
- Il a été percuté deux fois pendant l’expérience… les deux fois avec le casque
L’explication avancée : Les automobilistes percevraient les cyclistes casqués comme plus expérimentés et prévisibles, donc nécessitant moins de marge de sécurité.
Les critiques : En 2013, les biostatisticiens Jake Olivier et Scott Walter ont contesté la méthodologie de Walker. En 2019, Ian Walker (faut suivre…) a publié une réponse maintenant ses conclusions.
📚 Source primaire : Walker, I. (2007). Drivers overtaking bicyclists: Objective data on the effects of riding position, helmet use, vehicle type and apparent gender. Accident Analysis and Prevention, 39, 417-425. PubMed
Le principe de « sécurité par le nombre »
C’est un argument souvent avancé par les opposants à l’obligation du casque, et il repose sur des données solides.
L’étude fondatrice de Jacobsen (2003)
Peter Jacobsen, chercheur en santé publique, a analysé des données de 68 villes californiennes, 47 villes danoises et 14 pays européens. Son constat publié dans Injury Prevention :
« Un automobiliste a moins de probabilité de percuter un piéton ou un cycliste si davantage de personnes marchent ou font du vélo. »
Autrement dit : plus il y a de cyclistes, plus chaque cycliste est en sécurité — indépendamment du port du casque.

L’explication
Jacobsen propose l’hypothèse de l' »adaptation comportementale » : les automobilistes exposés régulièrement à des cyclistes adaptent leur conduite et deviennent plus prudents. C’est ce qu’on observe aux Pays-Bas et au Danemark.
Le risque de l’obligation
Si l’obligation du casque fait baisser le nombre de cyclistes (comme observé en Australie), elle pourrait paradoxalement augmenter le risque pour ceux qui continuent de pédaler, en réduisant l’effet de « sécurité par le nombre ».
📚 Source primaire : Jacobsen, P.L. (2003). Safety in numbers: more walkers and bicyclists, safer walking and bicycling. Injury Prevention, 9:205-209. PMC
Ce que font les autres pays européens
| Pays | Obligation casque | Particularités |
|---|---|---|
| Pays-Bas | ❌ Non | Taux de port < 1%, mais 37 000 km de pistes cyclables |
| Danemark | ❌ Non | Priorité aux infrastructures |
| Allemagne | ❌ Non | Sauf Speed Bikes |
| Espagne | Moins de 16 ans | Et hors agglomération pour tous |
| Suède | Moins de 15 ans | — |
| Finlande | ✅ Tous | Mais pas de sanction (obligation symbolique) |
| Autriche | Moins de 12 ans | Comme la France |
| Slovénie | Moins de 15 ans | — |
| République tchèque | Moins de 18 ans | La plus stricte d’Europe |
Ce qu’on observe : Les pays où le vélo est le plus pratiqué et le plus sûr (Pays-Bas, Danemark) sont aussi ceux où le casque est le moins porté et où il n’y a aucune obligation. Leur secret ? Des infrastructures de qualité et une cohabitation apaisée entre vélos et voitures.

L’expérience australienne : le cas d’école
L’Australie est souvent citée comme l’exemple à ne pas suivre. En 1990-1992, le pays a rendu le casque obligatoire pour tous.
Les chiffres (sources : études de Dorothy Robinson, BMJ)
- -30% de cyclistes dans les mois suivant la loi
- Baisse particulièrement marquée chez les jeunes (16-25 ans)
- Les parents ont remplacé le vélo par la voiture pour accompagner leurs enfants
- Retour au niveau initial de cyclistes seulement vers 1999
L’analyse troublante
La statisticienne Dorothy Robinson a analysé les données pour le British Medical Journal :
- La baisse des blessures à la tête avait déjà commencé avant la loi (grâce à d’autres mesures de sécurité)
- Après la loi, la baisse a simplement continué au même rythme… mais avec moins de cyclistes
- L’obligation n’a pas démontré d’effet protecteur supplémentaire significatif au niveau populationnel
L’effet pervers sur la santé publique
Une étude danoise a montré que 3 heures de vélo par semaine réduisent de 39% la mortalité toutes causes confondues. Faire fuir les cyclistes a donc potentiellement un effet négatif sur la santé globale de la population, qui dépasse les bénéfices de la protection individuelle du casque.
La position de la FUB et des associations cyclistes
La FUB (Fédération des Usagers de la Bicyclette) s’oppose fermement à toute loi rendant le casque obligatoire pour tous. C’est aussi la position de toutes les grandes associations cyclistes dans le monde (ECF en Europe, LAB en Allemagne, Fietsersbond aux Pays-Bas…).
Leurs arguments
- L’obligation est contre-productive au niveau collectif. Elle fait baisser la pratique sans améliorer significativement la sécurité globale.
- Elle détourne l’attention des vraies causes d’accidents : vitesse excessive des voitures, angles morts des poids lourds, manque d’infrastructures sécurisées.
- Elle individualise la responsabilité. C’est au cycliste de se protéger, plutôt qu’aux pouvoirs publics de rendre la route sûre.
Ce que la FUB préconise
- Ville 30 : généralisation du 30 km/h comme norme en agglomération
- Infrastructures : pistes cyclables séparées du trafic motorisé
- Éducation : apprentissage du vélo à l’école (programme Savoir Rouler)
- Angles morts : équipement obligatoire des poids lourds
Les dernières actualités (2025-2026)
Statistiques de mortalité cycliste 2024 (source : ONISR)
Selon le bilan provisoire de l’Observatoire national interministériel de la sécurité routière :
- 222 cyclistes tués en 2024 (+1 par rapport à 2023)
- 2 550 cyclistes blessés graves (stable)
- 87% des cyclistes tués sont des hommes
- Les cyclistes représentent 7% des tués sur la route pour environ 3% du trafic
À noter : Ces chiffres sont à mettre en perspective avec la forte augmentation de la pratique (+37% entre 2019 et 2023 en agglomération). Le risque individuel par cycliste a donc diminué.
📚 Source : ONISR – Bilan provisoire 2024
La proposition de loi Bonneau : un échec répété
Le sénateur François Bonneau a tenté à plusieurs reprises de faire passer une loi rendant le casque obligatoire pour tous :
- Janvier 2022 : retirée en séance
- Avril 2023 : rejetée
- Avril 2025 : la commission des Lois a définitivement clos le dossier
Les raisons du rejet : Le gouvernement a estimé que cette mesure risquait de freiner la pratique du vélo — ce qui va à l’encontre des objectifs de transition écologique et pourrait réduire l’effet « sécurité par le nombre ».
Nouvelle proposition en septembre 2025
Des députés ont déposé une nouvelle proposition de loi visant à rendre le casque obligatoire pour tous (vélos et trottinettes). Elle pourrait être examinée au printemps 2026.
Les nouvelles obligations prévues pour 2026
Le casque obligatoire pour tous n’est pas au programme national. En revanche, d’autres mesures sont prévues :
- Catadioptres latéraux obligatoires sur les vélos neufs
- Bandes réfléchissantes sur les jantes
- Éclairage renforcé
- Identification systématique des vélos (marquage Bicycode)
L’approche privilégiée reste la visibilité et l’éducation plutôt que les contraintes individuelles.
Alors, casque ou pas casque ?
Légalement, si vous avez plus de 12 ans et que vous ne roulez pas en Speed Bike (et que vous n’êtes pas à Nice, Vence ou Bourg-lès-Valence) : vous n’êtes pas obligé de porter un casque.
Est-ce qu’on vous recommande d’en porter un ? Oui, pour votre protection individuelle. Les études montrent une réduction significative des blessures graves à la tête en cas de chute.
Mais on comprend aussi ceux qui choisissent de ne pas en porter pour un petit trajet en ville. Le débat scientifique montre que la question est plus complexe qu’un simple « casque = sécurité ». Les infrastructures, le nombre de cyclistes, et le comportement des automobilistes jouent un rôle au moins aussi important.
Ce qu’on espère surtout, c’est que les infrastructures continueront de s’améliorer pour que le vélo devienne si sûr que cette question ne se pose plus.
Envie de trouver LE casque qui vous va ? Consultez notre guide complet pour bien choisir son casque de vélo et roulez avec style (et en sécurité).
Sources principales :

