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Copenhagenize Index 2025 : le classement des villes les plus cyclables au monde enfin dévoilé

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Temps de lecture : 11 minutes

Six ans. Six longues années que les cyclistes du monde entier attendaient le retour du Copenhagenize Index, ce classement de référence qui évalue les villes les plus accueillantes pour les vélos. Et banco, le Copenhagenize Index 2025 vient de sortir avec son lot de surprises, de confirmations et quelques belles remontées (salut Paris !). Alors, qui sont les champions de la pédale ? Quelles villes françaises tirent leur épingle du jeu ? On vous dit tout.

Piste cyclable protégée en milieu urbain avec plusieurs cyclistes

Le Copenhagenize Index, c’est quoi au juste ?

Avant de plonger dans le classement, petit rappel pour ceux qui découvrent. A l’instar du classement français de la FUB, le Copenhagenize Index, c’est un peu les Oscars du vélo urbain. Créé en 2011 par l’agence Copenhagenize (une boîte d’urbanisme cyclable qui conseille les villes du monde entier), ce classement évalue dans quelle mesure une ville rend le vélo sûr, pratique et accessible au quotidien.

Pas de blabla ni de feeling : on parle d’un véritable outil de diagnostic qui aide les villes à comprendre où elles en sont et ce qu’elles peuvent améliorer.

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Une méthodologie revue de fond en comble

L’édition 2025 marque un vrai tournant. Copenhagenize a collaboré avec EIT Urban Mobility (une initiative européenne dédiée à l’innovation dans les transports urbains) pour revoir complètement la méthode d’évaluation. Résultat : 100 villes de 44 pays ont été passées au crible, contre seulement 20 villes en 2019.

Le système d’évaluation ? Treize indicateurs regroupés en trois grands piliers :

1. Infrastructure sûre et connectée (les « entrées ») :

    • Kilomètres de pistes cyclables protégées

    • Places de stationnement vélo

    • Zones à vitesse réduite (30 km/h ou moins)

    • Sécurité (nombre d’accidents mortels)

2. Usage et portée (les « sorties ») :

    • Part modale du vélo

    • Évolution de cette part depuis 2019

    • Pourcentage de femmes cyclistes (un excellent indicateur de sécurité perçue !)

    • Systèmes de vélos partagés

    • Adoption des vélos cargo

3. Politique et soutien (les « catalyseurs ») :

    • Budget alloué au vélo par habitant

    • Force du mouvement associatif cycliste

    • Image du vélo dans les médias

    • Qualité de la planification urbaine

Chaque indicateur est noté de 0 à 100, et le score final est la moyenne de ces 13 notes. Simple, transparent, et surtout : super utile pour comprendre les forces et faiblesses de chaque ville.

Schéma explicatif de la méthodologie du Copenhagenize Index 2025

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Le top 30 mondial : Utrecht en tête, l’Europe domine largement

Bon, vous l’avez deviné : l’Europe écrase le game. Sur les 30 premières places, 28 sont européennes. Les deux exceptions ? Montréal (15e) et Québec (29e), qui font honneur au Canada malgré leurs hivers rigoureux.

Le podium reste néerlandais et belge

1. Utrecht (Pays-Bas) – Score : 71,1/100

Surprise (ou pas) : ce n’est ni Amsterdam ni Copenhague qui raflent la première place, mais Utrecht ! Cette ville moyenne néerlandaise (environ 360 000 habitants) a fait du vélo l’élément central de son fonctionnement urbain.

Les chiffres donnent le tournis :

    • Près d’un tiers de tous les déplacements se font à vélo

    • 63€ par habitant et par an investis dans le vélo (un record !)

    • Plus de 100 000 places de stationnement vélo, dont le plus grand parking vélo couvert au monde à la gare centrale

    • 52 km de pistes cyclables protégées pour 100 km de routes

Mais ce n’est pas qu’une question de chiffres. Utrecht a compris quelque chose d’essentiel : il ne s’agit plus de « faire de la place » au vélo, mais de construire la ville autour du vélo. Des rues comme Nachtegaalstraat sont devenues des rues cyclables où 15 000 vélos passent chaque jour, tandis que la Westelijke Stadsboulevard a transformé une artère à quatre voies en boulevard vert et apaisé.

Et pour que personne ne soit laissé de côté, le programme Fietsdeals permet aux personnes à faibles revenus d’acheter un vélo reconditionné pour 30€ seulement, avec un an de réparations gratuites. Voilà comment on démocratise vraiment le vélo !

2. Copenhague (Danemark) – Score : 70,8/100

La capitale danoise reste LA référence mondiale. Avec 29% de part modale et la densité d’infrastructures cyclables la plus élevée au monde (52 km de pistes protégées pour 100 km de routes, comme Utrecht), Copenhague continue d’innover.

Nouveauté : la ville a enfin créé des rues cyclables dans des corridors très fréquentés comme Nyhavn et Rantzausgade, où les vélos mènent la danse. Certaines pistes atteignent même 9 mètres de large dans le quartier de Dybbølsbro !

L’investissement ? 38€ par habitant et par an depuis cinq ans. Mais surtout, Copenhague a voté son plus gros budget vélo de l’histoire pour 2026. Le message est clair : même quand on est au sommet, on continue de progresser.

3. Gand (Belgique) – Score : 67,6/100

La pépite belge ! Gand a réussi un coup de maître en 2017 avec son plan de circulation révolutionnaire qui a transformé le centre-ville. Le principe ? Réorienter le trafic automobile vers le périphérique et rendre l’espace aux piétons et cyclistes.

Résultat : la part modale du vélo est passée de 22% à 34% en une décennie. Presque 20 km de rues cyclables, 300 km de pistes protégées, et une ville où il fait bon vivre. Gand prouve qu’on n’a pas besoin d’être une capitale pour devenir une référence cyclable.

4. Amsterdam (Pays-Bas) – Score : 66,6/100

Impossible de parler de vélo urbain sans Amsterdam. Avec 37% des déplacements à vélo, la ville reste le symbole mondial de la culture cycliste. Mais Amsterdam n’est pas figée dans ses lauriers : en 2023, elle a ouvert un parking vélo sous-marin à la gare centrale (11 000 places !), portant le total à 42 000 places sécurisées dans la ville.

La ville expérimente aussi les « rues scolaires » : 15 rues sont fermées à la circulation motorisée aux heures d’entrée et de sortie d’école, avec 10 nouvelles chaque année. Et pour l’inclusion sociale, le Fietsdepot récupère les vélos abandonnés, les répare et les donne aux personnes en situation de précarité.

5. Paris (France) – Score : 65,0/100

Et voilà notre fierté nationale ! Paris fait une entrée fracassante dans le top 5 mondial. En cinq ans à peine, la part modale du vélo est passée de 5% à 11,2% — l’une des progressions les plus spectaculaires au monde.

Ce qui a changé ? Tout, ou presque :

    • 85% des rues limitées à 30 km/h

    • Des artères entières comme la rue de Rivoli ou les Quais de Seine sont devenues piétonnes ou cyclables

    • Plus de 122 000 places de stationnement vélo publiques

    • 56 millions de trajets Vélib’ en 2024

    • Des subventions pour les vélos cargo (1 500 vendus aux entreprises depuis 2018)

Le rapport Copenhagenize le dit clairement : « Paris has demonstrated that despite centuries of cultural and architectural heritage, a redistribution of public space can quickly occur while preserving the city’s historic charm. » Autrement dit : on peut transformer une ville historique sans la dénaturer. Banco !

Rue de rivoli à Paris qui explique son classement au Copenhagenize Index 2025
La transformation de la rue de rivoli, symbole du renouveau cyclable parisien

Les autres continents dans le classement

L’Europe domine, certes, mais d’autres régions progressent :

Amérique du Nord : Montréal (15e), Québec (29e) et Vancouver (30e) montrent que le Canada prend le vélo au sérieux, même en hiver. Les États-Unis ? Portland (35e) et Minneapolis (44e) sont les seules villes US dans le top 50.

Asie-Océanie : Christchurch en Nouvelle-Zélande (38e), Taipei à Taïwan (39e) et plusieurs villes japonaises (Fukuoka 48e, Kyoto 59e, Tokyo 72e) confirment que la culture vélo asiatique reste forte.

Amérique latine : Niterói au Brésil (43e), Bogota en Colombie (51e) et Fortaleza (69e) institutionnalisent leurs politiques cyclables, même si les défis restent importants.

Afrique : Les villes africaines sont en queue de classement (Quelimane au Mozambique 83e, Kisumu au Kenya 94e), mais le rapport souligne qu’elles ont une opportunité unique d’intégrer des standards cyclables solides dès le début de leurs investissements.

Les villes françaises font leur show (et c’est plutôt stylé)

Paris n’est pas seule à briller ! La France place cinq villes dans le top 30 mondial, un résultat dont on peut être fiers.

Paris : l’entrée fracassante dans le top 5

On en a déjà parlé, mais il faut insister : Paris a doublé sa part modale du vélo en cinq ans. C’est énorme. Et ce n’est pas qu’une question d’infrastructures : c’est toute une culture urbaine qui change.

Le rapport souligne trois forces de Paris :

    • Infrastructure (score 70,8/100) : réseau en expansion rapide, stationnement vélo massif

    • Usage (score 73,1/100) : la plus forte croissance au monde !

    • Politique (score 56,4/100) : bon, là il y a encore du boulot…

Le défi ? Maintenir cette dynamique sur le long terme et prouver que ce n’est pas qu’un effet de mode post-COVID.

Bordeaux, Nantes, Lyon, Strasbourg : le peloton français

Bordeaux (9e, score 62,9/100) : La ville a transformé d’anciennes voies automobiles en pistes cyclables continues bordées de végétation. Les vélos cargo y sont partout, pour les livraisons comme pour les familles. 89% des rues sont à 30 km/h ou moins — un des meilleurs taux au monde !

Nantes (10e, score 62,8/100) : De retour dans le classement après avoir été absente en 2019, Nantes a misé sur son réseau « Grandes Voies Vélo » avec des itinéraires bien balisés. La gare propose 1 200 places de stationnement vélo sécurisé, et 88% des rues sont apaisées. Une belle performance, contrairement au classement FUB nantais !

Strasbourg (13e, score 60,3/100) : La pionnière française du vélo (avec 16% de part modale) reste dans le top 15 malgré un léger recul. Son réseau Velostras connecte toute l’agglomération.

Lyon (14e, score 58,9/100) : Première apparition dans le classement pour Lyon ! Avec ses Voies Lyonnaises le long des berges du Rhône et de la Saône, et le plus grand hub vélo sécurisé de France, Lyon prouve qu’une ville de taille moyenne peut devenir une référence. Une classement qui confirme celui du Baromètre 2025 de la FUB pour Lyon.

Un point commun entre toutes ces villes françaises ? Des zones 30 généralisées (87-89% des rues) qui créent des environnements ultra-confortables pour rouler à vélo.

Classement des 5 villes françaises dans le Copenhagenize Index 2025
Classement des 5 villes françaises dans le Copenhagenize Index 2025

2019 vs 2025 : qui monte, qui descend, et pourquoi ?

Six ans, c’est long dans le monde du vélo urbain. Suffisamment pour que des villes passent de l’ombre à la lumière, et pour que d’autres se fassent dépasser. Comparons les deux éditions :

Le chamboulement du podium

2019 : 1. Copenhague, 2. Amsterdam, 3. Utrecht
2025 : 1. Utrecht, 2. Copenhague, 3. Gand

Utrecht détrône Copenhague après des années de domination danoise ! C’est la première fois depuis la création de l’Index qu’une autre ville que Copenhague prend la tête. La raison ? Utrecht a su transformer son ambition en système cohérent, avec 63€/habitant/an investis (contre 38€ pour Copenhague) et une approche holistique qui ne se contente pas de construire des pistes, mais repense toute la ville autour du vélo.

Amsterdam glisse de deux places, non pas parce qu’elle régresse, mais parce que d’autres accélèrent plus vite. Gand fait quant à elle une entrée fracassante sur le podium, récompensant son audacieux plan de circulation de 2017.

Les progressions spectaculaires

🚀 Paris : de 8e à 5e (+3 places)
La plus belle performance ! En six ans, Paris a doublé sa part modale (5% → 11,2%) et transformé des artères entières. De 17e en 2015, 13e en 2017, 8e en 2019… la trajectoire est claire.

🚀 Helsinki : de 10e à 6e (+4 places)
La capitale finlandaise prouve qu’on peut être une ville cyclable même avec -20°C six mois par an. Ses 150 km de pistes déneigées et ses 20M€ annuels d’investissement portent leurs fruits.

🚀 Nantes : absente en 2019 → 10e en 2025
Le retour le plus remarquable ! Nantes avait disparu du classement en 2019 après avoir été 16e en 2017. Son réseau « Grandes Voies Vélo » et ses 1 200 places sécurisées à la gare lui valent ce comeback spectaculaire.

Évolution du classement Copenhagenize Index 2019-2025 pour les principales villes

Les nouvelles têtes du top 10

Deux villes font leur entrée dans le top 10 mondial :

Gand (3e) : La ville belge n’était même pas dans le top 20 en 2019. Son plan de circulation qui redirige le trafic automobile vers le périphérique et libère le centre-ville a porté ses fruits : +12 points de part modale en dix ans (22% → 34%).

Münster (7e) : La « capitale allemande du vélo » fait enfin son entrée. Avec 47% de part modale (le taux le plus élevé au monde !), cette ville universitaire prouve que la culture vélo peut s’ancrer profondément.

Les reculs notables

Strasbourg : de 5e à 13e (-8 places)
Aïe. La pionnière française du vélo perd du terrain. Non pas qu’elle ait régressé en valeur absolue, mais elle s’est fait dépasser par des villes plus agressives dans leurs investissements. Le rapport mentionne qu’elle atteint « un certain plafond de verre » et reste « un peu trop timide en terme d’investissements ».

Anvers : de 4e à 8e (-4 places)
Malgré ses 600 km de pistes et son programme « 100 Missing Links », la ville portuaire belge recule de quatre places. La concurrence est rude !

Bordeaux : de 6e à 9e (-3 places)
Là encore, pas vraiment un recul, plutôt une stagnation relative. Bordeaux continue ses investissements (89% de rues à 30 km/h !), mais d’autres vont plus vite.

Ce qui a changé dans la méthodologie

Attention, ces comparaisons ont leurs limites ! L’édition 2025 a complètement revu sa méthode :

    • 100 villes évaluées au lieu de 20

    • 13 indicateurs structurés en trois piliers contre une évaluation plus « artisanale » en 2019

    • Approche data-driven avec des scores normalisés de 0 à 100

Certaines progressions ou reculs peuvent donc s’expliquer par ce changement de méthodologie autant que par une évolution réelle. Mais la tendance générale reste fiable : les villes qui investissent massivement et de manière cohérente progressent. Les autres se font rattraper.

Trois constats majeurs sur six ans

1. L’Europe creuse l’écart
En 2019, 14 villes européennes dans le top 20. En 2025, 28 sur 30. Le Vieux Continent domine de plus en plus grâce à des politiques structurées et des budgets conséquents.

2. Les villes moyennes performent mieux
Utrecht (360 000 hab), Gand (265 000 hab), Münster (320 000 hab)… Les villes de taille intermédiaire ont plus de facilité à transformer leur réseau rapidement qu’les métropoles géantes.

3. La COVID a accéléré certaines, freiné d’autres
Le rapport note que « many U.S. cities have seen their pre-COVID cycling gains erode ». À l’inverse, des villes européennes comme Paris ou Helsinki ont su transformer l’élan post-pandémie en changements durables.

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Ce que ce classement nous apprend vraiment

Au-delà des chiffres et des podiums, le Copenhagenize Index 2025 révèle quelques vérités universelles sur le vélo urbain :

1. Le vélo n’est plus une niche : Il est devenu un levier stratégique pour la lutte contre le changement climatique, la santé publique et la qualité de vie urbaine. Le rapport est clair : « Cycling is no longer treated as a niche mobility issue but as a cross-cutting lever for climate action, public health, and overall quality of life. »

2. L’argent fait la différence : Les villes qui investissent massivement (Utrecht avec 63€/hab/an, Copenhague avec 38€/hab/an) obtiennent des résultats massifs. Sans surprise, mais ça vaut le coup de le rappeler.

3. Le climat n’est plus une excuse : Helsinki (6e), Québec (29e), Minneapolis (44e)… Ces villes prouvent qu’on peut avoir une culture cyclable forte même avec des hivers rigoureux. Le secret ? Des pistes déneigées et un engagement politique constant.

4. La cohérence institutionnelle compte : 90% des villes du top 30 ont une équipe dédiée au vélo ET un plan cyclable actualisé. Ce n’est pas un hasard.

5. Les femmes sont le meilleur baromètre : Deux tiers des villes du top 30 affichent 45% ou plus de femmes cyclistes. Pourquoi ? Parce que les femmes ne roulent massivement que quand elles se sentent vraiment en sécurité. C’est l’indicateur le plus honnête qui soit.

6. Les données sont essentielles : Le rapport insiste lourdement là-dessus. Les villes qui progressent le plus sont celles qui mesurent systématiquement leurs efforts et ajustent en fonction des résultats. Sans données, pas de progrès durable.

💡 Pour aller plus loin : Consultez le rapport complet du Copenhagenize Index 2025 sur le site officiel pour découvrir le classement des 100 villes et plonger dans les données.

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