Le passage des cyclistes sur les passages piétons est un sujet de débat fréquent et parfois passionné entre les usagers de la route. Pour les uns, il est évident que les cyclistes doivent être assimilés à des véhicules et donc ne pas emprunter les passages destinés aux piétons. Pour les autres, la logique veut que le vélo, pratique et agile, puisse bénéficier de cet espace pour traverser en sécurité. Alors, qu’en est-il exactement ? Les cyclistes ont-ils le droit de rouler sur les passages piétons ? Doivent-ils mettre le pied à terre ? Le vélo est-il prioritaire sur les voitures ? Quelles sont les règles lorsque la piste cyclable traverse un passage piéton ? Roulez Jeunesse fait le point avec vous.
Réglementation générale : rouler ou marcher, telle est la question
Vous avez des questions sur les règles à suivre pour circuler en ville en toute sécurité ? Ça tombe bien, on a des réponses ! Vous n’aurez plus aucune excuse pour ne pas connaître votre code de la route à vélo !
Commençons par la base : quelles sont les règles qui définissent clairement quand un cycliste doit descendre de son fier destrier ?
En France, le Code de la route ne mentionne jamais explicitement le terme « passage piéton » mais parle plutôt de « passage destiné aux piétons » ou « passage réservé aux piétons ». Cette nuance sémantique est importante car elle souligne l’exclusivité de ces espaces.
Selon l’article R412-34, un cycliste qui pousse son vélo à la main est assimilé à un piéton. En revanche, lorsqu’il reste en selle, il est considéré comme conducteur d’un véhicule et doit donc, selon l’article R412-7, circuler sur la chaussée. Par conséquent, pour traverser un passage destiné aux piétons en bénéficiant du statut de piéton, le cycliste doit impérativement descendre de son vélo. CQFD.
🚳Descendre de selle : un pied à terre pour la légalité
Poser le pied à terre n’est pas seulement une question d’équilibre, mais une obligation pour traverser en toute légalité. La réglementation est claire : pour bénéficier des mêmes droits que les piétons, à savoir la priorité sur les véhicules lors de la traversée de la chaussée (article R415-11), le cycliste doit descendre de son vélo. Cela permet d’éviter des situations où la vitesse du vélo pourrait mettre en danger les piétons utilisant également le passage.


Voiture ou vélo, qui a la priorité sur le passage piéton ?
Lorsqu’un cycliste traverse en marchant à côté de son vélo, il est considéré comme un piéton selon l’article R412-34 et bénéficie donc de la priorité sur les véhicules, qui doivent le laisser passer (article R415-11). Cependant, s’il reste en selle, il ne bénéficie pas de cette priorité et doit attendre que la voie soit libre pour traverser puisqu’il est alors considéré comme conducteur d’un véhicule.
Pistes cyclables et passage piéton, on fait comment ?
Que faire lorsque la piste cyclable croise le chemin des piétons ? Cette situation est plus complexe juridiquement, car plusieurs articles du Code de la route entrent en jeu.
Dans le cas des traversées cyclables qui ne sont pas régulées par des feux, la situation est moins claire dans le Code de la route. L’article R415-3 prévoit qu’un conducteur « s’apprêtant à quitter une route sur sa droite » doit « céder le passage aux cycles et cyclomoteurs circulant dans les deux sens sur les pistes cyclables qui traversent la chaussée sur laquelle il va s’engager. » Cette disposition semble indiquer une priorité du cycliste, mais concerne spécifiquement les cas où un véhicule change de direction.
Certains passages piétons intégrés à des pistes cyclables permettent aux cyclistes de rester en selle, à condition que des panneaux de signalisation autorisent cette pratique. Dans ce cas, des marquages au sol et des panneaux indiquent que les cyclistes ont le droit de traverser en roulant, tout en cédant le passage aux piétons.
On vous a perdu en chemin ? Bon, pour faire simple :
- Si c’est un passage piéton classique sans piste cyclable, vous devez descendre de votre vélo pour profiter de la priorité. Eh oui, pas de passe-droit magique ici, mettez pied à terre comme tout le monde.
- Si vous circulez sur une piste cyclable qui traverse la chaussée et qu’une signalisation spécifique existe (marquage au sol, panneau C113 avec un vélo sur fond bleu), vous pouvez rester en selle. Les règles de priorité dépendront de la signalisation en place.
- En l’absence de signalisation spécifique, la règle de la priorité à droite pourrait s’appliquer, mais cette situation crée une zone d’incertitude juridique. Dans tous les cas, la prudence doit prévaloir.

💡 Important : Une distinction cruciale existe entre les règles de circulation et la responsabilité en cas d’accident. Selon la loi Badinter de 1985, il existe une présomption de responsabilité du conducteur de véhicule motorisé lors d’une collision avec un usager vulnérable (piéton, cycliste), indépendamment des règles de priorité du Code de la route. Cette responsabilité ne peut être écartée que dans le cas d’une faute inexcusable de la victime, qui serait la cause exclusive de l’accident – un standard juridique très élevé à atteindre.
Feu rouge, trottoir et stationnement : ne perdez plus les pédales à vélo
🚦Feu rouge et sas vélo : votre zone de sécurité
Quand le feu passe au rouge, résistez à l’envie de jouer les acrobates urbains en slalomant vers le trottoir. Ignorer un feu rouge n’est pas seulement passible d’une amende, mais cela peut aussi être dangereux pour les piétons autour de vous. Un peu de patience au feu rouge, c’est beaucoup de sécurité pour tous, et c’est aussi ça, être un cycliste urbain responsable ! Heureusement, le sas vélo, une zone avancée souvent située juste devant les véhicules motorisés à un feu rouge, permet aux cyclistes de se positionner en toute sécurité avant de redémarrer. Lorsque vous approchez d’un feu rouge, utilisez le sas vélo si disponible. Avancez jusqu’à la ligne dédiée aux cyclistes et attendez le feu vert. Cela vous rend plus visible aux autres usagers de la route et facilite un redémarrage en toute sécurité.
Quid du vélo sur les trottoirs ?
Rouler à vélo sur le trottoir, est-ce que c’est légal ? D’après l’article R412-7 du Code de la route, le trottoir est réservé aux piétons, et tout cycliste âgé de plus de 8 ans doit éviter de rouler sur ces espaces, à moins qu’un panneau ne l’autorise spécifiquement. L’article R412-34 précise que les enfants de 8 ans ou moins peuvent toutefois y rouler, mais toujours sous la surveillance d’un adulte et en gardant une allure du pas, pour assurer une cohabitation paisible avec les piétons.
💸 Stationnement de vélo : gare aux contraventions !
Stationner son vélo en ville n’est pas non plus une mince affaire, surtout près des passages piétons. Laisser son vélo trop proche d’un passage piéton peut réduire la visibilité des automobilistes et des autres usagers de la route, augmentant ainsi les risques d’accident. La loi est claire : un vélo mal garé peut rapidement se voir gratifié d’une amende salée. Pour éviter ces désagréments, il vaut mieux prendre le temps nécessaire pour trouver un emplacement de stationnement adapté, loin des zones pouvant compromettre la fluidité ou la sécurité du trafic (et celle de votre vélo !).
4 conseils pour rouler à vélo sans stress près des passages piétons
- Soyez prudent : Ralentissez et tenez-vous prêt à freiner devant un passage piéton. La précaution est votre meilleure amie en selle !
- Misez sur la sécurité : Pas sûr des règles ou aucun panneau en vue ? Mieux vaut descendre de votre vélo avant de traverser. C’est jouer la carte de la sécurité, et c’est toujours une bonne idée !
- Observez : Soyez vigilant et gardez un œil sur les autres usagers de la route, surtout les piétons qui peuvent surgir de nulle part ou les conducteurs un peu trop pressés.
- Laissez-vous guider : Vous pensiez que ce joli panneau était uniquement là pour la déco ? Raté ! Suivez les panneaux et les marquages au sol qui indiquent les règles spécifiques aux cyclistes.
La réglementation en matière de circulation des vélos sur les passages piétons est conçue pour assurer la sécurité de tous les usagers de la route. En tant que cycliste, vous devez être conscient de ces règles et les respecter. Bien que le code de la route privilégie encore trop la voiture et ne soit pas toujours pensé intelligemment pour les vélos, la prudence doit toujours prévaloir. En cas de doute, descendre de son vélo et le pousser peut parfois être la meilleure option pour garantir sécurité et harmonie entre cyclistes et piétons. À bon entendeur !
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Pour aller plus loin et consulter les articles du Code de la route mentionnés :
- Article R412-7 : Obligation pour les véhicules de circuler sur la chaussée
- Article R412-30 : Règles concernant les pistes cyclables contiguës aux passages réservés aux piétons
- Article R412-34 : Définition des piétons et assimilés
- Article R412-35 : Emplacements réservés aux piétons
- Article R415-3 : Priorité aux cyclistes lors d’un changement de direction
- Article R415-11 : Priorité aux piétons traversant régulièrement la chaussée
- Loi n° 85-677 du 5 juillet 1985 (Loi Badinter) : Responsabilité en cas d’accident
Bonjour
Peut on avoir le texte de loi où il est stipulé noir sur blanc que le passage piéton est strictement destiné aux piétons ?
Merci
Bonjour,
Nous aurions pu l’ajouter à l’article en effet… Vous ne trouverez pas d’interdiction noir sur blanc, dans les termes que vous cherchez. Il faut donc se pencher sur les articles suivants :
-L’article R412-37 évoque le passage piéton. Amusant de noter d’ailleurs que le code de la route ne mentionne jamais le passage piéton, mais un « passage destiné aux piétons ». Le passage est donc destiné aux piétons, pas aux véhicules.
-L’article R412-30 quant à lui montre qu’il existe des pistes cyclables contigües aux « passages réservés aux piétons » (il définit donc clairement l’exclusivité du passage piéton aux piétons…) et que dans ce cas, les feux du passage piéton s’appliquent aux cyclistes, sauf signalisation spécifique.
-L’article R412-35 est dans la même veine et évoque les « emplacements réservés aux piétons »
-C’est l’article R412-34 qui définit plus clairement ce qu’est un piéton ou assimilé. Un cycliste avec son vélo à la main est assimilé piéton. Un enfant de 8 ans ou moins bénéficie d’une exception s’il garde une allure de pas et ne gêne pas les piétons. Un cycliste classique n’est donc pas un piéton ou assimilé.
-L’article R415-11 quant à lui évoque la priorité aux piétons : les conducteurs doivent leur céder la priorité s’ils traversent de façon régulière. On note ici qu’on ne parle que des piétons (ce que n’est pas un cycliste, donc)
-Enfin, l’article R412-7 stipule clairement que les véhicules doivent circuler sur la chaussée.
On pourra, de façon évidente, déplorer le manque de clarté, l’incroyable complexité et la myopie pour les cyclistes de notre code de la route.
Il existe de nombreuses discussions sur le sujet, ce qui illustre bien le point. Je n’ai pas trouvé de cas où un cycliste aurait été verbalisé d’être passé sur un passage piéton, aurait contesté et aurait gagné.
En l’état du code de la route néanmoins, les différents articles cités amènent bien à la conclusion que les « passages réservés aux piétons », sont donc, réservés aux piétons.
Je m’interroge sur votre phrase à propos des traversées cyclables contiguës au passage piéton « Mais si vous avez une belle piste cyclable dédiée et que les panneaux vous le permettent, vous pouvez rester en selle et pédaler fièrement comme une reine ou un roi ! «
Bonjour Sébastien,
Merci pour votre question pertinente concernant les traversées cyclables contiguës aux passages piétons.
Pour clarifier ce point, les « panneaux » évoqués dans l’article font référence aux signalisations spécifiques qui indiquent une piste ou une trajectoire cyclable autorisée. Il s’agit généralement des panneaux de type C113 (panneau rond à fond bleu avec un vélo blanc) ou des marquages au sol spécifiques pour les cycles (donc pas uniquement des panneaux, vous avez raison !)
Concernant la priorité, voici ce que nous pouvons affirmer avec certitude selon le Code de la route :
1. Dans le cas des traversées avec feux : l’article R412-30 est très clair. Lorsqu’une piste cyclable traverse la chaussée parallèlement à un passage piéton régulé par des feux, les cyclistes doivent respecter ces mêmes feux « à défaut de signalisation spécifique » pour les cycles.
2. Ce qui est clairement établi, c’est que lorsqu’une signalisation spécifique existe (comme les panneaux de « cédez le passage »), c’est cette réglementation locale qui s’applique et qui détermine la priorité.
3. L’article R415-3 du Code de la route prévoit qu’un conducteur « s’apprêtant à quitter une route sur sa droite » doit « céder le passage aux cycles et cyclomoteurs circulant dans les deux sens sur les pistes cyclables qui traversent la chaussée sur laquelle il va s’engager. » Si cette disposition semble indiquer une réelle priorité du cycliste, elle semble aussi concerner spécifiquement les cas où un véhicule change de voie (tourne à un carrefour).
Le cas précis que vous évoquez – une traversée cyclable contiguë à un passage piéton sans feux ni signalisation spécifique – n’est pas clairement défini dans le Code de la route actuel, ce qui crée effectivement une zone d’incertitude juridique.
Il est important de rappeler ici deux aspects : les règles de circulation d’une part, et la responsabilité en cas d’accident d’autre part.
Concernant la responsabilité en cas d’accident, la loi Badinter de 1985 établit une présomption de responsabilité du conducteur de véhicule motorisé lors d’une collision avec un usager vulnérable (piéton, cycliste), indépendamment des règles de priorité du Code de la route. Cette responsabilité ne peut être écartée que dans le cas d’une faute inexcusable de la victime, qui serait la cause exclusive de l’accident – un standard juridique très élevé.
Ainsi, un cycliste pourrait théoriquement être en infraction au regard du Code de la route, mais l’automobiliste resterait néanmoins responsable des dommages en cas d’accident selon la loi Badinter, sauf comportement particulièrement grave et inexcusable du cycliste.
Cette distinction est importante car elle rappelle que prudence et vigilance restent de mise pour tous les usagers, particulièrement dans ces zones où le cadre juridique n’est pas totalement explicite.
Cordialement,
Clément
Merci cela clarifie ce que je pensais.
Les priorités ne sont jamais bien claires pour les cyclistes, les aménageurs ne facilitent pas les choses avec des aménagements souvent peu compréhensibles.
Pour les pistes contiguës aux passages piétons sans feu c’est la priorité à droite qui s’applique je pense et c’est intuitif pour personne.
Je pense qu’avant de parler responsabilité en cas d’accident, il faudrait clarifier les priorités des pistes et que cela soit claires pour tous (cycliste, automobiliste et piéton) et aussi cohérent avec l’aspect de l’aménagement.
En tout cas merci de votre éclairage !
Avec plaisir ! Et on ne peut que vous rejoindre sur les efforts importants à fournir pour des aménagements et un code de la route clair…